Cadre réglementaire
Comprendre les types d'établissements, leurs obligations légales en matière de sécurité incendie et les rôles des acteurs de l'évacuation.
Recevant du Public
Recevant des Travailleurs
Grande Hauteur
- Tout bâtiment, local ou enceinte accueillant des personnes extérieures
- Classement de catégorie 1 à 5 selon la capacité d'accueil
- Types par activité : M (magasins), W (administrations), N (restaurants)…
- Réglementation : Code de la Construction — arrêté du 25 juin 1980
- Obligations : SDIS, commission de sécurité, plan d'évacuation affiché
- Locaux de travail accueillant des salariés
- Régi par le Code du Travail (art. R4216 à R4228)
- Obligations de l'employeur : formation, exercice annuel d'évacuation
- Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER)
- Désignation obligatoire de serre-files, guides-files et d'un responsable
GHO — Hôtels (>28 m)
GHR — Enseignement (>28 m)
GHS — Dépôt d'archives (>28 m)
GHTC — Tour de contrôle
GHU — Sanitaire (>28 m)
GHW1 — Bureaux (28–50 m)
GHW2 — Bureaux (>50 m)
GHZ — Mixte (habitation + autres, 28–50 m)
ITGH — Très grande hauteur (>200 m)
| Rôle | Contexte | Mission principale | Formation requise |
|---|---|---|---|
| Guide-file | ERP / ERT | Guider les occupants vers la sortie | Exercice annuel obligatoire |
| Serre-file | ERP / ERT | Fermer la marche, vérifier les locaux | Exercice annuel obligatoire |
| Responsable évacuation | ERP / ERT | Coordonner l'ensemble de l'évacuation | Formation spécifique + exercice |
| Équipier 1ère intervention | IGH (ELS) | Attaquer le feu naissant avec extincteur/RIA | Formation EPI / SSIAP1 |
| Équipier 2ème intervention | IGH (ELS) | Renforcer, confiner, coordonner avec les pompiers | Formation ESI / SSIAP2 |
🏗️ Organes de sécurité incendie
Découvrez chaque équipement un par un — son rôle, son fonctionnement, comment le reconnaître. Naviguez entre les onglets et avancez étape par étape.
Un disque blanc fixé au plafond. Il contient une chambre optique : un faisceau infrarouge invisible circule en permanence à l'intérieur. Dès que des particules de fumée entrent dans la chambre, elles dévient le faisceau vers un récepteur qui déclenche l'alarme.
Dans tous les bureaux, couloirs, locaux de repos — partout où il peut y avoir un feu couvant. Fixé au plafond, à 50 cm minimum des murs et des angles.
- Ne jamais l'ignorer — même si vous pensez à une fausse alarme
- Ne jamais le couvrir ou le désactiver sans autorisation
- Suivre la procédure d'évacuation immédiatement
Ce détecteur mesure la température de l'air en permanence. Il existe en deux versions :
• Seuil fixe : se déclenche quand la température dépasse 60°C (ou 90°C en cuisine)
• Thermovélocimétrique : se déclenche si la température monte trop vite (ex : +5°C en 1 min), même si le seuil n'est pas atteint.
Dans les cuisines, parkings couverts, ateliers où la fumée est normale (vapeur, gaz d'échappement) — les détecteurs optiques déclencheraient trop souvent des fausses alarmes dans ces zones.
Un boîtier rouge fixé au mur à hauteur de main (1,3 à 1,5 m). Il permet à n'importe quel occupant de déclencher l'alarme manuellement en cas d'incendie découvert — sans attendre un détecteur automatique.
Dans toutes les circulations horizontales, tous les 30 mètres maximum, et à chaque sortie de secours. Dans les escaliers : à chaque niveau.
- Brisez la vitre avec le poing ou un objet (certains modèles : appui direct)
- L'alarme sonore se déclenche immédiatement
- Le signal est transmis à l'ECS et au PSI
- Ne jamais tester sans autorisation du responsable sécurité
L'ECS est le "cerveau" du système de détection. Tous les détecteurs et déclencheurs lui envoient leurs signaux. Il les identifie, les localise (zone, numéro de boucle) et déclenche l'alarme correspondante.
Au poste de sécurité (PSI), à l'accueil ou dans un local technique dédié. Il doit être surveillé en permanence dans les IGH.
- État de chaque zone : normal (vert), défaut (orange), feu (rouge)
- Heure et numéro du détecteur en alarme
- Historique des événements
- État de l'alimentation : secteur + batterie de secours (72h min.)
Le CMSI reçoit l'ordre de l'ECS et actionne automatiquement tous les dispositifs de mise en sécurité selon des scénarios préprogrammés : quelle porte fermer, quel ventilateur activer, quel ascenseur rappeler.
- Détecteur zone 3 → Portes coupe-feu de la zone se ferment
- → Volets de désenfumage du niveau s'ouvrent
- → Clapets de gaine sur ce niveau se ferment
- → Ascenseurs rappelés au rez-de-chaussée
- → Alarme générale déclenchée dans tout le bâtiment
Une porte spéciale équipée d'un joint intumescent (qui gonfle à la chaleur pour bloquer fumées et flammes) et d'un ferme-porte automatique. Elle reste normalement ouverte et se ferme automatiquement sur signal du CMSI.
- EI 30 = résiste 30 min aux flammes ET aux fumées
- EI 60 = résiste 60 min (couloirs, cages d'escalier)
- EI 120 = résiste 2h (compartimentage IGH)
- E seul = étanche aux flammes uniquement
Ne jamais bloquer une porte coupe-feu en position ouverte (cale, ficelle…). Elle doit pouvoir se fermer librement à tout moment.
Le désenfumage empêche la fumée de se propager dans tout le bâtiment. Il y a deux éléments :
- Clapet coupe-feu : placé dans les gaines de ventilation, il se ferme automatiquement pour bloquer la fumée qui circulerait dans les conduits
- Volet de désenfumage : s'ouvre pour extraire la fumée vers l'extérieur sur le niveau sinistré
En cas de panne du CMSI, des commandes manuelles en façade (boîtiers jaunes ou orange) permettent d'ouvrir les volets manuellement. Les EPI et ESI doivent connaître leur emplacement.
L'alarme ne se déclenche pas directement pour tout le bâtiment. Il y a une phase de levée de doute pour éviter les fausses alarmes qui stressent inutilement les occupants.
- ERP de nuit (hôtels, hôpitaux) : 0 secondes — alarme générale immédiate
- ERP de jour : jusqu'à 5 minutes maximum
- IGH / ITGH : procédure spécifique avec ESI qui vérifie en premier
La norme NF S 32-001 impose un signal sonore identique dans tous les bâtiments pour que chacun le reconnaisse immédiatement :
- Signal audible à 65 dB minimum dans tout le bâtiment
- Doit être perceptible dans les zones bruyantes (ateliers : 75 dB min.)
- Flash lumineux obligatoire dans les zones avec personnes sourdes ou malentendantes
- Signal distinct de toute autre alarme du bâtiment (intrusion, technique)
Une armoire rouge fixée au mur contenant un tuyau semi-rigide enroulé, une lance et un robinet. L'alimentation en eau est permanente : dès que vous ouvrez le robinet, l'eau coule.
- Ouvrir la porte de l'armoire
- Dérouler le tuyau vers le feu (sans tordre)
- Ouvrir le robinet d'arrêt
- Diriger la lance vers la base des flammes
- Deux personnes recommandées (une tient, l'autre fait avancer le tuyau)
Dans toutes les circulations, à moins de 25 m de tout point du bâtiment. Signalé par un panneau rouge carré "RIA".
Un tuyau vertical fixé dans le bâtiment, normalement vide. En façade, un raccord permet aux pompiers de la remplir depuis leurs engins. Des prises de lance sont disponibles à chaque niveau pour l'attaque.
- À leur arrivée, les pompiers connectent leur tuyau au raccord en façade
- Ils mettent en pression depuis leur engin
- Ils montent à l'étage sinistré et branchent leur lance sur la prise de niveau
- Débit plus puissant qu'un extincteur ou un RIA
Obligatoire dans les IGH, les immeubles de plus de 28 m et certains ERP de grande taille. Signalée par un panneau "COLONNE SÈCHE" en rouge.
Contrairement à la colonne sèche, la colonne humide est maintenue en pression permanente par une pompe (3,5 bar minimum). L'eau est disponible instantanément à chaque niveau, sans attendre les pompiers.
Les ESI (équipiers de 2ème intervention) peuvent attaquer immédiatement un feu sans attendre l'arrivée des pompiers. C'est le principal avantage sur la colonne sèche pour les IGH où l'accès est long.
| Critère | Sèche | Humide |
|---|---|---|
| État normal | Vide | En pression |
| Alimentation | Pompiers (à l'arrivée) | Continue (pompe) |
| Délai d'usage | 10–15 min (arrivée pompiers) | Immédiat |
| Utilisateurs | Pompiers seuls | ESI + Pompiers |
| Obligation | IGH > 28 m | ITGH, certains IGH |
Des têtes d'arrosage automatiques fixées au plafond. Chaque tête contient une ampoule en verre colorée remplie de liquide. Quand la chaleur fait éclater l'ampoule, l'eau est libérée uniquement sur la tête déclenchée.
- Fonctionnement 100% automatique : pas besoin d'intervention humaine
- Seule(s) la/les tête(s) au-dessus du feu s'ouvre(nt) — pas tout le réseau
- Alerte simultanée envoyée au PSI et aux pompiers
- Efficace sur feux classe A et B
- Chaque tête couvre environ 12 m²
Parkings, cuisines, entrepôts, centres commerciaux, hôtels. Obligatoires dans certains ERP et IGH selon leur classification.
- Nom et contact du responsable d'évacuation
- Numéro d'appel : 18 ou 112 + procédure (QUI/OÙ/QUOI)
- Conduite à tenir : alerter → ne pas utiliser l'ascenseur → évacuer
- Localisation des extincteurs et RIA les plus proches
- Emplacement du point de rassemblement
- Risques spécifiques au local
- Archives / réserves — charge combustible élevée
- Salles serveurs — risque électrique, extinction CO₂
- Cuisines pro — graisses (classe F), wet chemical obligatoire
- Ateliers / garages — produits inflammables, solvants
- Chaufferies — gaz, fioul, risque explosion
- ERP de nuit — personnes ne connaissant pas les lieux
🔬 Processus d'apparition d'un incendie
Comprendre les mécanismes physico-chimiques du feu, ses causes, ses modes de propagation et ses conséquences — pour mieux le prévenir et mieux réagir.
- Combustible — La matière qui brûle. Éteindre en l'éloignant ou en le consommant (coupe-feu, débroussaillage).
- Comburant (O₂) — L'oxygène de l'air (21%). Éteindre en étouffant : mousse, CO₂, couverture coupe-feu.
- Énergie d'activation — Étincelle, flamme, friction, chaleur. Éteindre en refroidissant : eau, poudre.
- Réaction en chaîne — Entretient la combustion. Éteindre par inhibition chimique : poudre ABC/BC.
- Court-circuit, surcharge, arc électrique
- Vétusté des installations (câbles, prises)
- Multiprises surchargées, mauvais calibre de fusibles
- Échauffement de moteurs ou transformateurs
- Mégots mal éteints sur matières combustibles
- Travaux par points chauds sans permis (soudure, meuleuse)
- Bougie, encens laissés sans surveillance
- Manipulation imprudente d'inflammables
- Distance insuffisante entre corps de chauffe et matériaux
- Encrassement de hottes, friteuses, extracteurs
- Appareils défectueux ou mal entretenus
- Surchauffe de graisses alimentaires (classe F)
- Incendie criminel ou vandalisme
- Auto-inflammation (huiles de lin, chiffons imprégnés)
- Foudre (risque surtout en extérieur/industrie)
- Stockage inadapté de matières dangereuses
| Type | Description | Caractéristiques | Exemple |
|---|---|---|---|
| Combustion vive | Avec flamme visible, rapide | Dégagement de chaleur, lumière, fumée | Papier, bois sec, essence |
| Combustion lente | Sans flamme, à l'état de braise | Incandescence, CO dangereux produit silencieusement | Cigarette, charbon, certains plastiques |
| Auto-inflammation | Sans apport extérieur d'énergie | Température d'auto-ignition atteinte spontanément | Chiffons imprégnés d'huile (50-60°C) |
| Déflagration | Combustion rapide avec onde de pression | Vitesse subsonique — souffle destructeur | Explosion de gaz en espace confiné |
| Détonation | Combustion supersonique | Onde de choc violente — explosifs | Explosifs industriels, poudres |
| Embrasement généralisé (Flashover) | Transition brutale au feu total de la pièce | 600–700°C — tous les matériaux s'enflamment simultanément — MORTEL | Pièce fermée en feu pendant 5–8 min |
| BLEVE | Explosion d'un réservoir sous pression en feu | Jet de flamme à grande distance — boule de feu | Bouteille de gaz, citerne de fioul |
Transfert de chaleur par contact direct entre matériaux. La chaleur se propage dans les solides conducteurs.
Exemples : tuyauteries métalliques, armatures béton, planchers métalliques traversant des cloisons.
Prévention : barrières thermiques, joints coupe-feu, manchons intumescents.
Déplacement de la chaleur par les gaz et fumées chauds qui montent et se déplacent horizontalement.
Le principal mode de propagation en bâtiment. Les fumées toxiques précèdent les flammes et gagnent les étages supérieurs par les gaines, cages d'escaliers, faux plafonds.
Prévention : désenfumage, clapets, portes coupe-feu.
Transfert de chaleur par ondes infrarouges sans contact ni support matériel. Le feu réchauffe les matériaux à distance.
Exemples : inflammation d'un bâtiment voisin à 10–15 m d'un incendie violent, échauffement de stocks inflammables.
Prévention : distance de sécurité, écrans thermiques, murs coupe-feu.
Transport de braises ou débris enflammés par le vent ou la force de l'explosion.
Exemples : feux de forêt (flammèches jusqu'à 2 km), toitures en feu, explosion de contenants.
Prévention : débroussaillement, écrans, surveillance des toitures voisines.
- Asphyxie par CO — Le monoxyde de carbone est inodore, incolore et 250× plus affinaire que l'O₂ pour l'hémoglobine. Principale cause de décès dans les incendies. Mortel dès 1% dans l'air respiré.
- Manque d'oxygène — La combustion consomme l'O₂ : en dessous de 16%, malaise ; en dessous de 6%, mort en quelques minutes.
- Brûlures thermiques — L'air chaud (150°C) brûle les voies respiratoires en quelques inspirations.
- Fumées toxiques — HCN (cyanure), HCl, SO₂ selon les matériaux brûlés (câbles PVC, mousses polyuréthane).
- Panique — Facteur aggravant majeur : bousculades, mauvaises décisions, blocage des issues.
- Visibilité nulle — La fumée réduit la visibilité à quelques centimètres en quelques minutes.
- Dommages structurels — Perte de résistance des matériaux : l'acier perd 50% de sa résistance à 500°C, le béton armé se fissure entre 300–600°C.
- Pertes économiques — En France : 7 à 10 milliards d'euros/an (bâtiments, stocks, équipements).
- Arrêt d'activité — 60% des entreprises victimes d'un incendie majeur ne reprennent pas leur activité.
- Pollution atmosphérique — Fumées toxiques, dioxines, particules fines. Risques pour les riverains et secours.
- Pollution des eaux — Eaux d'extinction chargées en hydrocarbures, métaux lourds, contaminent les sols et nappes phréatiques.
Le Guide-file
Le guide-file est désigné à l'avance. Il ouvre la marche et conduit les occupants vers le point de rassemblement par la voie d'évacuation désignée.
- Se place en tête du groupe à évacuer
- Connaît parfaitement le chemin d'évacuation de sa zone
- Est désigné et formé avant tout incident
- Dispose du plan d'évacuation de son secteur
- Conduire rapidement et calmement les occupants à l'extérieur
- Emprunter uniquement la sortie de secours désignée
- Éviter tout mouvement de panique
- Atteindre le point de rassemblement
- 1Réception du signal d'alarmeDès l'audition du signal sonore (signal normalisé NF S 32-001), le guide-file se met immédiatement en position en tête de son groupe.
- 2Annonce et mise en mouvementAnnonce calmement : "Alarme incendie, nous devons évacuer. Suivez-moi, sans courir." Lance le mouvement de façon ordonnée.
- 3Vérification des portesAvant d'ouvrir une porte, pose la main à plat sur le battant (partie haute). Si la porte est chaude → n'ouvre PAS, choisit un itinéraire de substitution.
- 4Guidage vers la sortie de secoursEmprunte exclusivement les voies balisées (signalisation verte). N'utilise jamais les ascenseurs. Garde le groupe ensemble et maintient un rythme soutenu.
- 5Ne jamais revenir en arrièreLe guide-file ne revient jamais en arrière pour récupérer des objets ou vérifier les locaux — c'est le rôle du serre-file. Il maintient le mouvement vers l'avant.
- 6Arrivée au point de rassemblementConduit le groupe jusqu'au point de rassemblement. S'éloigne des voies d'accès des secours. Attend le serre-file et le responsable d'évacuation.
- 7Compte renduInforme le responsable d'évacuation de l'arrivée du groupe. Signale toute anomalie observée pendant le trajet (fumée, porte infranchissable, personne en difficulté).
- Conduire le groupe jusqu'au PR désigné en maintenant l'ordre et le calme — jamais au hasard
- Dégager les voies d'accès des secours : positionner son groupe à l'écart de l'entrée du bâtiment et des axes de circulation des pompiers
- Maintenir le groupe regroupé et stationnaire : personne ne doit quitter le PR sans autorisation explicite du responsable d'évacuation
- Attendre le serre-file pour s'assurer que le groupe est complet — ne pas entamer le comptage sans lui
- Rendre compte au responsable d'évacuation : arrivée du groupe, anomalies constatées durant le trajet (fumée, chemin bloqué, personne en difficulté)
- Signaler toute PSH dont il aurait connaissance et qui n'aurait pas rejoint le PR
- Ne pas laisser repartir les occupants vers le bâtiment pour récupérer des effets personnels
- Ne pas disperser le groupe — toute l'équipe reste ensemble et visible
- Ne pas bloquer les voies d'accès pompiers, les entrées ou les voies de desserte
- Ne pas utiliser son téléphone pour passer des appels personnels non urgents — laisser les lignes disponibles pour les secours
- Ne pas lever le regroupement de sa propre initiative — seul le responsable d'évacuation ou les pompiers peuvent l'autoriser
Le Serre-file
Le serre-file ferme la marche de l'évacuation. Il vérifie que tous les occupants ont quitté les locaux et les sécurise derrière lui.
- Se place en queue du groupe
- Dernier à quitter sa zone de responsabilité
- Vérifie l'ensemble des locaux de sa zone
- Identifiable par un brassard ou gilet distinctif
- S'assurer qu'aucune personne ne reste dans sa zone
- Fermer les portes après vérification
- Fermer les fenêtres si possible
- Rendre compte au responsable d'évacuation
- 1Déclenchement de l'alarmeSe positionne en queue de groupe. Commence à vérifier méthodiquement sa zone (couloirs, bureaux, sanitaires, salles de réunion, locaux techniques…)
- 2Vérification systématique des locauxOuvre chaque porte, signale sa présence verbalement : "Évacuation ! Y a-t-il quelqu'un ?" Vérifie les WC, les salles de réunion, les espaces de stockage.
- 3Fermeture des portesFerme chaque porte après vérification (sans la verrouiller). Une porte fermée limite la propagation du feu et des fumées de 15 à 60 minutes selon son classement.
- 4Personnes réticentesFace à une personne qui refuse d'évacuer, le serre-file la persuade fermement mais ne la contraint pas physiquement. Il informe immédiatement le responsable d'évacuation.
- 5Rejoindre le point de rassemblementAprès avoir sécurisé sa zone, rejoint le point de rassemblement en suivant l'itinéraire balisé. Ferme les portes derrière lui tout au long du trajet.
- 6Compte rendu au responsableInforme le responsable d'évacuation : zone vérifiée ✓ ou personne manquante / en difficulté. Indique les anomalies observées (fumée, porte difficile à fermer…)
standard
bureaux courants
de secours
| Critère | Guide-file | Serre-file |
|---|---|---|
| Position dans le groupe | En tête (devant) | En queue (derrière) |
| Priorité | Conduire vers la sortie | Ne laisser personne |
| Portes | Les ouvre (avec vérification thermique) | Les ferme systématiquement |
| Mouvement dans les locaux | Ne revient jamais en arrière | Revient pour vérifier chaque local |
| Compte rendu | Groupe arrivé + anomalies trajet | Zone vide + anomalies locaux |
À son arrivée au PR, le serre-file se présente immédiatement au responsable d'évacuation et lui remet son compte rendu de zone, qui doit contenir :
- Zone vide ✔ ou non — confirmation explicite que tous les locaux ont été vérifiés et sont vides
- Localisation de toute personne non évacuée — local précis, état (consciente, blessée, PSH), moyen de communication si possible
- État des portes coupe-feu — toutes fermées ? Anomalie constatée ?
- Anomalies observées — fumée, feu visible, dommages structurels, chemin impraticable
- Le serre-file interdit formellement tout retour vers le bâtiment — il est le dernier à être sorti et sait que le bâtiment est vide
- Il confirme au guide-file l'intégralité du groupe, permettant le comptage final
- Il reste disponible pour les pompiers — son témoignage sur l'état de la zone est précieux
- Il n'autorise aucun départ du PR — seul le responsable d'évacuation ou le chef des pompiers peut lever le rassemblement
Le Responsable d'Évacuation
Le responsable d'évacuation (RE) est le chef d'orchestre. Il coordonne guides-files et serre-files, gère les cas particuliers et accueille les secours.
- Élabore et met à jour le plan d'évacuation
- Désigne et forme les guides-files et serre-files
- Organise les exercices d'évacuation (au moins 1/an en ERT)
- Définit les points de rassemblement
- Identifie les personnes en situation de handicap (PSH)
- Connaît les systèmes de sécurité du bâtiment
- Prend la décision d'évacuation totale ou partielle
- Déclenche l'alarme si elle n'est pas automatique
- Appelle les sapeurs-pompiers (18 ou 112)
- Coordonne les guides-files et serre-files
- Gère les PSH et les EAS
- Accueille et guide les secours à leur arrivée
- 1Identification de l'alarme / sinistreVérifie que l'alarme est réelle. En cas de doute, applique le principe de précaution et déclenche l'évacuation. Mieux vaut un exercice imprévu qu'un drame.
- 2Déclenchement de l'évacuationActive le déclencheur manuel d'alarme si nécessaire. Donne l'ordre aux guides-files et serre-files. Peut déclencher une évacuation partielle (zone concernée uniquement).
- 3Alerte des secoursAppelle le 18 ou le 112. Donne : nom et adresse de l'établissement, nature du sinistre, localisation précise, nombre de personnes impliquées ou éventuellement piégées.
- 4Gestion des PSHActive les procédures d'évacuation spécifiques. Dirige les PSH vers les Espaces d'Attente Sécurisés (EAS). Informe les pompiers de la localisation des EAS à leur arrivée.
- 5Suivi au point de rassemblementCentralise les comptes rendus des serre-files. S'assure que tout le monde est présent. Signale immédiatement aux pompiers toute personne manquante ou piégée.
- 6Accueil des sapeurs-pompiersSe poste à l'entrée pour accueillir les secours. Leur remet le plan du bâtiment. Indique : localisation du feu, personnes éventuellement piégées, EAS occupés.
- 7Retour d'expérience (REX)Après chaque exercice ou sinistre réel, réalise un bilan. Identifie les points d'amélioration. Met à jour les procédures et les plans si nécessaire.
Zone refuge protégée contre le feu et les fumées où les PSH attendent une évacuation assistée par les pompiers. Obligatoire dans les ERP de catégorie 1 à 4 avec étages.
- Résistance au feu ≥ 1 heure
- Communication avec l'extérieur (interphone / bouton d'appel)
- Surface ≥ 3 m² par personne en fauteuil roulant
- Signalisation normalisée visible et accessible
Le point de rassemblement est le lieu extérieur prédéfini où se regroupent l'ensemble des occupants après évacuation d'un bâtiment, dans l'attente des instructions du responsable d'évacuation et des secours.
- Obligation réglementaire : Code du Travail (art. R. 4227-38 à R. 4227-41), arrêté du 25 juin 1980 (ERP), arrêté du 18 juillet 1990 (ERT). Le PR doit être défini, affiché et connu de tous.
- Signalisation : panneau vert normalisé (NF ISO 7010 — pictogramme E007 : silhouettes + flèche), affiché à l'intérieur du bâtiment sur les plans d'évacuation et à l'extérieur à l'emplacement même du PR.
- Obligation d'affichage : le PR doit figurer sur tous les plans d'évacuation, dans chaque local et à chaque sortie de secours.
- Distance minimale : à l'extérieur du bâtiment, suffisamment éloigné pour ne pas être menacé en cas d'effondrement ou de projection (≥ 1,5× la hauteur du bâtiment recommandé)
- Dégagement total des voies secours : ne jamais positionner le PR sur l'axe d'accès des véhicules de pompiers, ni devant les entrées principales
- Capacité suffisante : espace pour accueillir l'ensemble des occupants sans déborder sur la voie publique ou gêner les secours
- Accessible par tous : surface plane, sans obstacle, accessible aux PSH en fauteuil roulant
- Identifiable facilement : point fixe et reconnaissable (parking, jardin, espace délimité) — éviter les lieux ambigus
- À l'abri des risques : pas sous des lignes électriques, ni proche de canalisations de gaz ou de zones à risques industriels
-
1Accueil des groupes au PRLe responsable d'évacuation est déjà au PR ou s'y rend dès que les groupes commencent à arriver. Il identifie visuellement chaque guide-file et s'assure que les zones attendues sont représentées.
-
2Réception des comptes rendus des serre-filesChaque serre-file se présente au responsable et délivre son compte rendu de zone : zone vide ou non, portes fermées, anomalies constatées, personnes manquantes identifiées. Ce compte rendu est la base du bilan.
-
3Comptage et vérification des effectifsLe responsable procède au comptage nominal (liste de présence) ou numérique selon le dispositif en place. Il compare le nombre de personnes présentes au PR avec les effectifs attendus par zone. Toute personne manquante est signalée immédiatement aux pompiers avec sa localisation probable.
-
4Maintien de l'ordre et interdiction de retourLe responsable interdit formellement tout retour dans le bâtiment. Il gère les tensions et rassure les occupants. Il peut déléguer ce contrôle aux guides-files et serre-files pour chaque groupe.
-
5Compte rendu aux sapeurs-pompiersÀ l'arrivée des secours, le responsable leur remet un bilan complet : nombre total évacué, personnes manquantes (nom, zone probable), PSH dans les EAS (niveau et local précis), état des systèmes de sécurité.
-
6Levée du rassemblementLe PR n'est levé que sur ordre du responsable des pompiers (COS) ou, s'il n'y a pas intervention, du responsable d'évacuation après confirmation que le bâtiment est sûr. Jamais de sa propre initiative avant ce feu vert.
(plusieurs si site étendu)
E007
du point de rassemblement
minimum (ERT — Code travail)
- Retourner dans le bâtiment pour récupérer affaires personnelles
- Quitter le PR sans autorisation du responsable
- Bloquer l'accès des pompiers par sa position ou son véhicule
- Utiliser son téléphone pour des appels non urgents
- Se disperser dans plusieurs directions sans consigne
- Lever le rassemblement de sa propre initiative
Les PSH évacuées normalement rejoignent le PR comme tout le monde. Celles qui n'ont pas pu évacuer sont dans les EAS et ne figurent PAS au PR — le responsable doit signaler explicitement leur présence et leur localisation aux pompiers. Ne jamais considérer une PSH absente du PR comme "evacuée" sans confirmation.
Les IGH — Immeuble de Grande Hauteur
Les IGH présentent des contraintes spécifiques qui nécessitent une organisation de sécurité permanente et professionnelle : les Équipes Locales de Sécurité (ELS). Réglementés par l'arrêté du 30 décembre 2011 modifié et le Code de la Construction et de l'Habitation (CCH).
(sauf habitation : >50 m)
de l'ELS au PSI
d'intervention
Textes applicables :
- Arrêté du 30 décembre 2011 modifié (arrêté du 28 octobre 2023) — règlement de sécurité incendie IGH. Abroge l'arrêté du 18 octobre 1977.
- Code de la Construction et de l'Habitation (CCH) — articles R.122-1 à R.122-29 et R.146-1 à R.146-35
- Définition légale : article R.122-2 du CCH — plancher bas du dernier niveau situé à plus de 28 m (ou 50 m pour l'habitation) du sol le plus haut utilisable par les engins de secours
Structure du règlement IGH 2011 :
- Articles GH1–GH65 : dispositions générales communes à tous les IGH
- Articles GH66–GH74 : classements et indépendance des volumes
- Articles GHA, GHO, GHU, GHR, GHW, GHZ, GHTC, ITGH : dispositions particulières par classe
- SSI de catégorie A option IGH (article GH-49) — détecteurs automatiques uniquement
| Classe | Usage | Seuil de hauteur | Particularités |
|---|---|---|---|
| GHA | Habitation | > 50 m | Seule classe avec seuil à 50 m au lieu de 28 m |
| GHO | Hôtels et résidences de tourisme | > 28 m | Public non averti, présence nocturne |
| GHR | Enseignement (écoles, universités) | > 28 m | Public jeune ou en formation |
| GHS | Dépôt d'archives | > 28 m | Charge combustible élevée — règles spécifiques non encore publiées |
| GHTC | Tour de contrôle aéroportuaire | > 28 m | Usage très spécialisé |
| GHU | Sanitaire / établissements de soins | > 28 m | Personnes à mobilité réduite — évacuation complexe |
| GHW1 | Bureaux | 28 m < H ≤ 50 m | Le plus courant dans le tertiaire |
| GHW2 | Bureaux (grande hauteur) | > 50 m | Contraintes renforcées, ELS plus étoffée |
| GHZ | Mixte habitation + autres activités | 28 m < H ≤ 50 m | Habitation principale avec locaux non indépendants |
| ITGH | Immeuble de Très Grande Hauteur | > 200 m | Normes les plus strictes — ex : Tour First (231 m), Tour Montparnasse (210 m) |
- Évacuation différente : pas d'évacuation totale immédiate mais confinement et évacuation sélective par niveaux (principe du compartimentage)
- Délai pompiers : l'intervention des secours est plus longue qu'en bâtiment bas — d'où la nécessité d'équipes internes permanentes formées
- Propagation verticale des fumées par les gaines techniques, escaliers non désenfumés, cages d'ascenseurs
- Compartimentage obligatoire : chaque niveau est un compartiment coupe-feu indépendant garantissant la résistance au feu
- Poste de Sécurité Incendie (PSI) : local centralisé actif 24h/24 depuis lequel l'ELS surveille et gère toutes les alarmes
- Systèmes spécifiques : colonnes sèches/humides, désenfumage mécanique, surpresseurs d'escaliers, extinction automatique (sprinklers)
- Téléphone de sécurité entre chaque niveau et le PSI
- Livre de sécurité tenu à jour en permanence par l'ELS
- Personnel formé, présent sur chaque zone / niveau
- Premier niveau de réponse au feu naissant
- Utilise extincteurs et RIA (Robinets d'Incendie Armés)
- Donne l'alerte et contacte le PSI en priorité
- Connaît les procédures et équipements de son niveau
- Personnel spécialisé SSIAP2, souvent basé au PSI
- Renforce et coordonne les EPI
- Intervient avec des moyens plus importants
- Maîtrise tous les systèmes de sécurité de l'IGH
- Interface directe avec les sapeurs-pompiers
| Situation | Action ELS | Niveau sinistré | Autres niveaux |
|---|---|---|---|
| Feu naissant maîtrisable | EPI intervient (extincteur / RIA) | Évacuation vers niveau inférieur | Confinement en place |
| Feu propagé — ESI requis | ESI intervient, PSI en alerte maximale | Évacuation des 2 niveaux adjacents | Confinement renforcé |
| Sinistre majeur | Pompiers prennent le commandement | Évacuation progressive par compartiments | Évacuation sur ordre pompiers |
ITGH — Immeuble de Très Grande Hauteur
Les ITGH constituent la catégorie la plus exigeante de la réglementation incendie française. Apparus formellement dans l'arrêté du 30 décembre 2011, leurs règles s'appliquent en complément et en aggravation des dispositions générales IGH — une réponse directe aux leçons du 11 septembre 2001.
au-dessus du sol secours
éléments porteurs (3 heures)
(1 SSIAP3 + 2 SSIAP2 + 3 SSIAP1)
- Texte de référence : Arrêté du 30 décembre 2011, Chapitre IX — Articles ITGH 1 à ITGH 8 (modifié par arrêté du 28 octobre 2023)
- Principe : Les dispositions ITGH s'appliquent en complément et en aggravation des règles générales IGH (art. GH 1 à GH 65). Toutes les règles IGH s'appliquent, avec des exigences supplémentaires.
- Genèse : Le règlement a été mis en chantier peu après les attentats du 11 septembre 2001 au World Trade Center (415 m). Il formule pour la première fois des règles spécifiques aux immeubles de plus de 200 m.
- Nouveauté majeure 2011 : Introduction de l'évacuation immédiate et générale de l'ensemble des occupants — avant 2011, seul l'étage sinistré et les niveaux adjacents étaient évacués.
- En France : Tour First, La Défense (231 m) · Tour Montparnasse, Paris (210 m) · Tour Total, La Défense (187 m — IGH, pas ITGH)
- Tutelle : Commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité (CCDSA) + Ministère de l'Intérieur
- R.180 (SF 3h) — Les éléments de construction primaires porteurs (poteaux, voiles, poutres principales) doivent être stables au feu pendant 3 heures minimum. En IGH standard : 2h seulement.
- Objectif : permettre une évacuation complète de plusieurs milliers d'occupants avant tout risque d'effondrement structurel
- Les matériaux combustibles ou contribuant à la propagation du feu sont interdits dans les zones de structure
- Les gaines d'escaliers sont recoupées tous les 100 mètres de hauteur environ pour former des volumes en superposition — évite la propagation du feu et des fumées sur l'ensemble de la hauteur
- Compartimentage EI 120 (2 heures) entre chaque niveau — identique aux IGH
- Charge calorifique limitée par compartiment — matériaux inflammables interdits dans les circulations
- Distance max. depuis tout point jusqu'à l'escalier le plus proche : limitée réglementairement
- Situé au niveau d'accès des pompiers (rez-de-chaussée ou niveau entrée secours)
- Armé 24h/24 — 7j/7 par le service SSIAP
- Centralise : SSI catégorie A, tableaux de commande DAS, liaisons radio/téléphone internes, vidéosurveillance
- Premier point de contact pour les pompiers à leur arrivée — fournit : localisation du sinistre, état des DAS, évacuation déjà réalisée, plans
- Spécifique ITGH — contigu au PCS
- Surface ≥ 150 m² — pour permettre aux pompiers d'organiser leur commandement
- Liaison directe avec le PCS + liaison téléphonique urbaine fixe
- Activable sans délai sur demande du responsable des pompiers (COS)
- Utilisé pour : organiser la chaîne de commandement PCA / PCP, coordonner les renforts
- Spécifique ITGH — installé aux 2/3 de la hauteur de l'immeuble
- Mêmes caractéristiques que le local de gestion (≥ 150 m², liaisons identiques)
- Permet aux pompiers d'établir un poste avancé en hauteur sans descendre jusqu'au PCS
- Cheminement balisé depuis les escaliers et ascenseurs jusqu'à ce local
- Activable immédiatement, quelle que soit l'utilisation habituelle du local
Pour comparaison — IGH standard GHW2 : 1 SSIAP2 + 2 SSIAP1 minimum. L'ITGH exige une organisation nettement plus étoffée pour garantir la gestion d'une évacuation générale pouvant concerner plusieurs milliers de personnes simultanément.
En IGH standard, seuls le niveau sinistré et les niveaux adjacents sont évacués. En ITGH, l'arrêté du 30 décembre 2011 introduit la notion d'évacuation immédiate et générale de l'ensemble des occupants — une révolution réglementaire née de l'analyse de l'effondrement des tours du World Trade Center (11 septembre 2001).
-
1Alarme générale immédiateDès détection confirmée, alerte de l'ensemble des niveaux. Le SSI catégorie A déclenche automatiquement les DAS et le désenfumage du compartiment concerné.
-
2Évacuation prioritaire du niveau sinistré + adjacentsÉvacuation immédiate du niveau sinistré, du niveau supérieur et des 2 niveaux inférieurs. Ces occupants rejoignent les escaliers protégés — jamais les ascenseurs.
-
3Évacuation progressive et séquencée des autres niveauxLes autres niveaux sont évacués par flux successifs selon un protocole défini, pour éviter la saturation des escaliers. Le service SSIAP coordonne depuis le PCS.
-
4Descente par les escaliers — Montée par les ascenseurs prioritaires (pompiers)Les occupants descendent uniquement par les escaliers. Les ascenseurs prioritaires sont réservés aux pompiers pour leur montée (N-2 par rapport au sinistre), puis accès aux escaliers.
- Durée : l'évacuation complète d'un ITGH de 200 m et plusieurs milliers d'occupants peut prendre 1h30 à 2h — la résistance au feu R.180 des structures est dimensionnée pour cette durée
- Escaliers recoupés tous les 100 m : les occupants ne peuvent pas descendre en continu — des paliers de transfert sont prévus pour passer d'un tronçon d'escalier à un autre
- PSH (Personnes en Situation de Handicap) : des Espaces d'Attente Sécurisés (EAS) sont obligatoires à chaque niveau, avec liaison directe PCS. Les pompiers assurent l'évacuation des PSH en dernier recours.
- Communication permanente : le SSIAP maintient une communication continue via interphones, radio et téléphone avec chaque niveau durant l'évacuation
- Exercices obligatoires : exercices d'évacuation périodiques imposés par la commission de sécurité, incluant simulation de montée pompiers
- Colonnes humides : maintenues en pression permanente, alimentées par un réseau dédié et des surpresseurs de secours. Permettent une attaque immédiate sans attendre l'alimentation externe.
- Colonnes sèches : complémentaires aux colonnes humides, alimentées par les pompiers depuis les engins. Présentes dans tous les escaliers.
- Prises de raccordement tous les niveaux — pas un niveau sur deux comme en IGH standard
- Désenfumage mécanique de tous les niveaux, circulations et escaliers (extraction et soufflage)
- Surpresseurs d'escaliers pour maintenir les voies d'évacuation libres de fumée
- Commande manuelle depuis le PCS et depuis chaque niveau via DAS
- Les gaines recoupées tous les 100 m disposent de clapets coupe-feu commandés
- Au moins un ascenseur prioritaire par cage, accessible par clé pompiers uniquement en cas d'alarme
- Montée des pompiers jusqu'à N-2 (niveau immédiatement sous le sinistre)
- Résistant au feu et à la fumée — gaines encloisonnées et pressurées
- Géré par un agent SSIAP ou pompier désigné pendant toute l'intervention
- Sprinklers obligatoires dans les parkings, locaux à risques particuliers et zones de forte charge calorifique
- Alimentés par des réserves d'eau internes et surpresseurs — autonomie garantie indépendamment du réseau public
- Déclenchement thermique automatique — signal transmis au PCS avec localisation précise
- SSI de catégorie A — exclusivement des détecteurs automatiques (pas de déclencheurs manuels comme en ERP)
- Détection dans toutes les circulations, locaux à risques, gaines techniques
- Levée de doute obligatoire par le SSIAP avant déclenchement d'alarme générale
- Scénarios de mise en sécurité programmés et testés annuellement
- Téléphone de sécurité (TS) à chaque niveau, relié directement au PCS
- Réseau radio (émetteurs-récepteurs) fourni au service SSIAP et aux pompiers
- Sonorisation de sécurité (SAS) permettant des messages ciblés par zone / niveau
- Liaison téléphonique urbaine fixe dans le local de gestion et le local avancé
-
1Passage obligatoire au PCSLe premier engin se rend au PCS : localisation précise du sinistre, état des DAS actionnés, actions déjà menées par le SSIAP (évacuation, compartimentage, désenfumage), plans de masse et de niveaux.
-
2Alimentation des colonnes sèchesLes conducteurs alimentent les colonnes sèches depuis les engins-pompe positionnés sur les dispositifs de raccordement au sol. Les colonnes humides sont déjà en pression.
-
3Montée par ascenseur prioritaire jusqu'à N-2Les équipes empruntent l'ascenseur prioritaire jusqu'au niveau N-2 (2 niveaux sous le sinistre). Un agent SSIAP ou pompier désigné gère l'ascenseur en permanence. Descente finale par les escaliers.
-
4Installation du Poste de Commandement Avancé (PCA)Établi au local de sécurité incendie avancé (aux 2/3 de la hauteur) ou au niveau N-2. Coordonne les équipes terrain. Le Poste de Commandement Principal (PCP) reste au sol.
-
5Attaque du sinistre et reconnaissanceÉvacuation du niveau sinistré, reconnaissance des niveaux adjacents, attaque du sinistre avec les RIA et lances. Utilisation des moyens propres à l'établissement (colonnes, radio, plans).
-
6Transfert de commandement et coordination SSIAPLe SSIAP reste au PCS pour maintenir les systèmes actifs et fournir informations en temps réel au COS. Le commandement opérationnel appartient au Chef des Opérations de Secours (COS) — sapeur-pompier.
| Critère | IGH (28–200 m) | ITGH (> 200 m) |
|---|---|---|
| Texte réglementaire | Art. GH 1–65 + dispositions par classe | Art. GH 1–65 + Art. ITGH 1–8 (cumul) |
| Résistance feu structure | R.120 (SF 2h) | R.180 (SF 3h) |
| Évacuation | Partielle — niveau sinistré + adjacents | Immédiate et générale — tous les occupants |
| Recoupement escaliers | Non imposé | Tous les 100 m |
| Local pompiers contigu PCS | Non | Obligatoire — ≥ 150 m² |
| Local avancé (2/3 hauteur) | Non | Obligatoire — ≥ 150 m² |
| Minimum SSIAP | 1 SSIAP2 + 2 SSIAP1 (GHW2) | 1 SSIAP3 + 2 SSIAP2 + 3 SSIAP1 |
| Commandement pompiers | PCS + PCA | PCS + PCA (local avancé) + PCP au sol |
| Exemples en France | Tours La Défense 28–200 m | Tour First (231 m), Tour Montparnasse (210 m) |
Équipier de 1ère Intervention (EPI)
L'EPI est le premier maillon de la chaîne de sécurité en IGH. Formé pour attaquer un feu naissant, il agit dans les premières minutes critiques avant l'arrivée des pompiers.
- Déclenche l'alarme (déclencheur manuel ou appel PSI)
- Informe le Poste de Sécurité Incendie (PSI) immédiatement
- Donne la localisation précise : niveau, zone, local
- Ne part jamais intervenir sans avoir donné l'alerte préalable
- Utilise un extincteur adapté au type de feu
- Peut utiliser le RIA (Robinet d'Incendie Armé) si formé
- N'intervient que si le feu est de taille limitée et maîtrisable
- Ne prend jamais de risque inconsidéré pour sa propre sécurité
- Ferme les portes coupe-feu pour limiter la propagation
- Éloigne les personnes présentes du secteur sinistré
- Guide vers le niveau inférieur (évacuation vers le bas)
- N'ouvre pas les fenêtres (appel d'air dangereux, accélère le feu)
- Attend les ESI et leur rend compte de la situation
- Assiste les PSH vers les EAS
- Maintient une communication permanente avec le PSI
- S'engage uniquement dans les limites de sa formation
| Classe | Type de feu | Extincteur adapté | Exemples concrets |
|---|---|---|---|
| Classe A | Solides en combustion | Eau pulvérisée, poudre ABC | Papier, bois, textiles, mobilier |
| Classe B | Liquides inflammables | Mousse, poudre ABC, CO₂ | Essence, huile, solvants, alcool |
| Classe C | Gaz inflammables | Poudre BC ou ABC | Gaz naturel, butane, propane |
| Classe D | Métaux réactifs | Poudre spéciale D | Magnésium, sodium, lithium |
| Classe F | Huiles de cuisson | Extincteur spécial F | Friteuses, bains de graisse en cuisine |
- DDégoupiller (Pull)Retirer la goupille de sécurité en tirant sur l'anneau. L'extincteur est alors prêt à être utilisé.
- AViser la base (Aim)Diriger le jet vers la BASE des flammes, pas vers le haut. Se positionner à 2-3 m minimum. Dos à l'air ou au vent.
- BPresser (Squeeze)Appuyer fermement sur la poignée. Un extincteur de 6 kg dure seulement 15 à 20 secondes en décharge continue.
- SBalayer (Sweep)Effectuer des mouvements en éventail de gauche à droite à la base du feu. Ne jamais lâcher avant extinction complète ou vidange.
- Feu non maîtrisé après 1 extincteur complet → repli immédiat
- Présence de fumée noire et dense → risque d'asphyxie, ne pas entrer sans Appareil Respiratoire Isolant (ARI)
- Pièce remplie de fumée → risque d'embrasement généralisé éclair (flash-over)
- Feu impliquant des produits chimiques inconnus → ne pas intervenir sans équipement spécifique
- Douleur, gêne respiratoire, chaleur intense → repli immédiat et appel des secours
Équipier de 2ème Intervention (ESI)
L'ESI est un professionnel de la sécurité incendie (SSIAP2). Il coordonne la réponse au sinistre en IGH, renforce les EPI et fait l'interface avec les sapeurs-pompiers.
- Surveille le Tableau de Signalisation Incendie (TSI) en permanence
- Reçoit et lève les alarmes (sinistre réel / fausse alarme)
- Coordonne les EPI par radio ou téléphone de sécurité
- Active les systèmes de désenfumage
- Tient le livre de sécurité à jour
- Se rend sur site pour évaluer et commander l'intervention
- Utilise les colonnes sèches et humides
- Met en œuvre le désenfumage mécanique
- Enclenche les surpresseurs d'escalier
- Gère les ascenseurs prioritaires pompiers
- Accueille les sapeurs-pompiers à leur arrivée
- Leur remet le plan de masse et les informations clés
- Reste à disposition du chef d'agrès (commandant des pompiers)
- Accompagne les pompiers jusqu'à l'ascenseur prioritaire
- Coordonne l'évacuation sélective des niveaux concernés
- Organise l'évacuation des PSH depuis les EAS
- Informe les occupants via la sonorisation de sécurité
- Maintient le confinement des niveaux non sinistrés
| Équipement | Rôle | Utilisation par l'ESI |
|---|---|---|
| Colonne sèche | Canalisation vide alimentée par les pompiers depuis l'extérieur | Ouvre les vannes d'alimentation, guide les pompiers vers les raccordements |
| Colonne humide | Canalisation en charge permanente d'eau sous pression | Ouvre les vannes à chaque niveau concerné, vérifie la pression |
| Désenfumage mécanique | Extrait les fumées des couloirs, escaliers et locaux | Active depuis le PSI ou le tableau de commande local |
| Surpresseur d'escalier | Met les escaliers en surpression pour les maintenir sans fumée | Active depuis le PSI dès la confirmation du sinistre |
| Ascenseur prioritaire | Ascenseur réservé aux pompiers, commandable depuis le PSI | Le rappelle au niveau d'évacuation, le met à disposition des pompiers |
| Sprinklers (extinction auto) | Détection et extinction automatique à 57°C ou 68°C | Surveille les vannes de sectionnement — ne jamais les fermer pendant l'incendie |
- 1Réception de l'alarme au PSILe TSI signale la zone en alarme. L'ESI contacte immédiatement l'EPI du niveau concerné par radio : sinistre réel ou fausse alarme ?
- 2Confirmation du sinistreSinistre confirmé : appel 18 immédiat, activation désenfumage du niveau sinistré, activation des surpresseurs des escaliers adjacents.
- 3Déclenchement de l'évacuation sélectiveDéclenche l'alarme d'évacuation du niveau sinistré + niveaux immédiatement inférieur et supérieur. Active la sonorisation pour informer les autres occupants du confinement.
- 4Intervention terrain (si nécessaire)Si l'EPI ne maîtrise pas le feu, l'ESI se rend sur le niveau sinistré avec les moyens appropriés. Un second ESI ou agent prend en charge le PSI.
- 5Accueil des sapeurs-pompiersL'ESI ou son remplaçant accueille les pompiers à l'entrée. Fournit : plan de masse, plan de niveau, localisation du feu, PSH dans les EAS, état des systèmes actifs.
- 6Transfert de commandementDès l'arrivée des pompiers, ils prennent le commandement. L'ESI reste à leur disposition et applique leurs ordres. Il ne prend plus aucune décision unilatérale.
| Critère | EPI — 1ère intervention | ESI — 2ème intervention |
|---|---|---|
| Niveau de formation | Formation interne EPI certifiée | SSIAP2 recommandé / exigé |
| Position habituelle | Sur son niveau de travail | Poste de Sécurité Incendie (PSI) |
| Moyens utilisés | Extincteurs, RIA | Colonnes, désenfumage, surpresseurs, TSI |
| Rôle principal | Attaquer le feu naissant | Coordonner, renforcer, interfacer pompiers |
| Limite d'intervention | Feu non maîtrisé → repli immédiat | Transfert de commandement aux pompiers |
| Contact avec les pompiers | Non direct (via PSI) | Interface directe, accompagnement terrain |
Extincteurs — Classes de feu & Maîtrise de l'intervention
Identifier la bonne classe de feu, choisir l'extincteur adapté, l'utiliser correctement et connaître les distances de sécurité : les fondamentaux de l'EPI et de tout agent formé.
Matériaux solides organiques laissant des braises après combustion.
Exemples : bois, papier, carton, tissus, plastiques, mobilier, déchets.
Extincteurs : Eau pulvérisée ✔ · Eau + additif ✔ · Mousse ✔ · Poudre ABC ✔
Liquides ou solides liquéfiables inflammables.
Exemples : essence, fioul, alcool, solvants, peintures, huiles, paraffines.
Extincteurs : Mousse AFFF ✔ · CO₂ ✔ · Poudre ABC/BC ✔ | Eau seule ✘
Gaz inflammables sous pression ou non.
Exemples : méthane, propane, butane, acétylène, hydrogène, gaz de ville.
Extincteurs : Poudre ABC/BC ✔ (couper la fuite avant tout) | CO₂ ✘ eau ✘
Métaux combustibles — réactions très violentes avec eau ou CO₂.
Exemples : magnésium, aluminium en poudre, titane, sodium, potassium, lithium.
Extincteurs : Poudre spéciale D uniquement ✔ | Eau ✘✘ CO₂ ✘✘ poudre ABC ✘
Huiles et graisses de cuisson à très haute température.
Exemples : friteuses, huile d'olive, beurre, saindoux en feu, cuisines professionnelles.
Extincteurs : Extinction wet chemical (classe F) ✔ | CO₂ ✘ eau ✘✘ poudre ✘
Terme d'usage pour les risques électriques (non officiellement normé EN 2, mais universellement utilisé en formation).
Exemples : armoires électriques, transformateurs, câbles, appareils sous tension.
Extincteurs : CO₂ ✔ · Poudre ABC ✔ (après coupure si possible) | Eau ✘✘
| Agent extincteur | Classe A | Classe B | Classe C | Classe D | Classe F | Électrique |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 💧 Eau pulvérisée | ✔✔ | ✘ | ✘ | ✘✘ | ✘✘ | ✘✘ |
| 💧 Eau + additif moussant | ✔✔ | ✔ | ✘ | ✘✘ | ✘ | ✘✘ |
| 🫧 Mousse AFFF | ✔ | ✔✔ | ✘ | ✘ | ✘ | ⚠ |
| 🌫️ CO₂ (gaz carbonique) | △ | ✔✔ | ✘ | ✘✘ | ✘ | ✔✔ |
| 💥 Poudre ABC polyvalente | ✔✔ | ✔✔ | ✔✔ | ✘ | ✘ | ✔ |
| 💥 Poudre BC | ✘ | ✔✔ | ✔✔ | ✘ | ✘ | ✔ |
| ⚗️ Poudre spéciale D | ✘ | ✘ | ✘ | ✔✔ | ✘ | ✘ |
| 🧪 Wet chemical (classe F) | △ | ✘ | ✘ | ✘ | ✔✔ | ✘✘ |
✔✔ Très efficace · ✔ Efficace · △ Efficacité limitée · ⚠ Utilisation prudente · ✘ Déconseillé · ✘✘ INTERDIT / Dangereux
- Capacité : 6 à 9 litres
- Durée de décharge : 15 à 30 secondes
- Portée : 4 à 6 mètres
- Couleur : Rouge (corps) — étiquette bleue
- Feux : Classe A uniquement
- Avantage : Refroidissement puissant, limite l'inflammation
- Limites : Interdit sur feux électriques, B, C, D, F
- Capacité : 6 à 9 litres
- Durée de décharge : 20 à 30 secondes
- Portée : 4 à 6 mètres
- Couleur : Rouge — étiquette bleue foncé
- Feux : Classe A et B
- Avantage : Polyvalent A+B, refroidissement + étouffement
- Limites : Interdit sur feux électriques sous tension
- Capacité : 6 à 9 litres
- Durée de décharge : 20 à 40 secondes
- Portée : 4 à 6 mètres
- Couleur : Rouge — étiquette crème/jaune
- Feux : Classe A et B (très efficace sur B)
- Avantage : Film étouffant empêchant la ré-inflammation
- Limites : Non adapté aux feux C, D, F, électrique
- Capacité : 2 kg à 5 kg
- Durée de décharge : 8 à 20 secondes
- Portée : 1 à 3 mètres (portée courte)
- Couleur : Rouge — étiquette noire — tuyau évasé
- Feux : Classe B et électrique (L)
- Avantage : Propre (pas de résidu), idéal locaux informatiques
- Limites : Gaz asphyxiant, ventiler après usage en espace confiné. Brûlure par froid (−78°C) si contact avec le tuyau. Ne jamais tenir le cornet!
- Capacité : 1 kg à 12 kg
- Durée de décharge : 10 à 25 secondes
- Portée : 3 à 8 mètres
- Couleur : Rouge — étiquette bleue ou blanche
- Feux : Classe A, B, C et L (électrique)
- Avantage : L'extincteur le plus polyvalent — 4 classes
- Limites : Dégâts matériels importants (poudre corrosive), mauvaise visibilité, irritant respiratoire. Interdit classes D et F
- Capacité : 4 à 12 kg
- Durée de décharge : 30 à 60 secondes (débit lent)
- Portée : 1 à 2 mètres (application douce)
- Couleur : Rouge — étiquette jaune
- Feux : Classe D exclusivement
- Avantage : Seul agent efficace sur métaux alcalins
- Limites : Utilisation spécialisée uniquement — laboratoires, industrie métallurgique
- Capacité : 2 à 6 litres
- Durée de décharge : 25 à 50 secondes
- Portée : 1 à 2 mètres (lance longue)
- Couleur : Rouge — étiquette jaune vif
- Feux : Classe F uniquement (cuisines pro)
- Avantage : Solution alcaline qui saponifie la graisse → croûte isolante
- Limites : Réservé aux cuisines professionnelles — ne jamais utiliser eau à la place
| Type | Capacité | Portée | Classes | Usage typique |
|---|---|---|---|---|
| 🚒 Eau pulvérisée sur roues | 50 à 250 L | 8 à 15 m | A | Entrepôts, forêts, bâtiments industriels |
| 🫧 Mousse AFFF sur roues | 50 à 250 L | 8 à 15 m | A, B | Parkings, zones pétrolières, aéroports |
| 🌫️ CO₂ sur roues | 10 à 30 kg | 2 à 4 m | B, L | Salles informatiques, transformateurs, industries électriques |
| 💥 Poudre ABC sur roues | 25 à 100 kg | 6 à 12 m | A, B, C, L | Garages, entrepôts produits chimiques |
| ⚗️ Poudre D sur roues | 25 à 50 kg | 2 à 4 m | D | Fonderies, laboratoires, ateliers métallurgiques |
mobile standard
déplacer & manœuvrer
mousse sur roues
obligatoire (arrêté 1984)
-
1⚡ Évaluer la situation (avant de toucher l'extincteur)Vérifier : le feu est-il naissant et de taille limitée ? Avez-vous une voie d'évacuation dégagée derrière vous ? Le vent / tirage vous est-il favorable ? Si le moindre doute : évacuer et ne pas intervenir.
-
DDégoupiller (Pull) — Retirer la goupilleSaisir l'extincteur par la poignée de transport. Tenir l'extincteur verticalement. Tirer l'anneau de la goupille de sécurité d'un mouvement sec. L'extincteur est maintenant armé. Ne pas actionner la poignée avant d'être en position.
-
AApprocher et Viser la base (Aim)S'approcher à la bonne distance d'attaque (voir tableau distances ci-dessous). Diriger la lance ou le diffuseur vers la base des flammes, jamais vers le sommet. Position stable, jambes légèrement écartées, dos dégagé vers la sortie.
-
BBaisser (Presser) la poignée (Squeeze)Appuyer fermement et progressivement sur la poignée de déclenchement. La pression s'établit — l'agent extincteur est projeté. Maintenir la pression constante. Rappel : un extincteur 6 kg dure 15 à 20 secondes maximum en décharge continue.
-
SBalayer (Sweep) — Mouvement en éventailEffectuer des mouvements réguliers de gauche à droite à la base du feu. Avancer progressivement en maintenant la pression. Pour les feux de liquides (B) : appliquer en rideau pour éviter les projections d'huile chaude. Ne jamais relâcher avant extinction complète ou vidange totale.
-
6Surveiller et signalerAprès extinction, surveiller le foyer 1 à 2 minutes : risque de ré-inflammation. Signaler l'extincteur utilisé (retourner le à l'envers ou mettre une étiquette rouge) — il doit être rechargé ou remplacé immédiatement, même si partiellement utilisé. Rendre compte au responsable.
| Agent extincteur | Distance d'attaque optimale | Distance minimale de sécurité (élec.) | Remarques |
|---|---|---|---|
| 💧 Eau pulvérisée | 2 à 4 m | Jamais sur électrique | Risque d'électrocution à toute distance |
| 💧 Eau + additif | 2 à 4 m | Jamais sur électrique | Conducteur d'électricité — interdit |
| 🫧 Mousse AFFF | 3 à 5 m | Non recommandé électrique | Film peut conduire l'électricité |
| 🌫️ CO₂ | 0,5 à 1,5 m | 1 m minimum | Portée courte — approche plus près du feu |
| 💥 Poudre ABC | 2 à 5 m | 1 m minimum | Nuage de poudre limitant la visibilité |
| ⚗️ Poudre D | 0,5 à 1,5 m | Non applicable | Application douce — ne pas projeter fort |
| 🍳 Wet chemical (F) | 1 à 2 m | Jamais sur électrique | Lance longue pour distance de sécurité graisses |
L'eau est un conducteur électrique. Utiliser un extincteur à eau (même pulvérisée) sur une installation sous tension peut provoquer une électrocution mortelle. Distance de sécurité : nulle — l'eau est toujours interdite sur l'électrique.
Ne jamais éteindre un feu de gaz sans pouvoir couper la fuite. Si la fuite n'est pas coupée, le gaz s'accumule après extinction et crée un risque d'explosion (BLEVE). L'EPI intervient uniquement si la vanne est accessible et sécurisée.
Contrairement aux autres extincteurs, le CO₂ a une portée de 1 à 1,5 m seulement. L'équipier doit s'approcher davantage du feu, ce qui nécessite une évaluation préalable stricte de la sécurité environnementale.
- ✅ Alerter d'abord (18 / PSI)
- ✅ Identifier la classe de feu
- ✅ Choisir le bon extincteur
- ✅ Vérifier la voie d'évacuation
- ✅ Ne jamais intervenir seul si possible
- ❌ Ne jamais ouvrir une fenêtre (appel d'air)
- ■ Bleue = Eau / Eau + additif
- ■ Noire = CO₂
- ■ Jaune = Classe F / Poudre D
- ■ Blanche/bleue = Poudre ABC
- ■ Crème = Mousse AFFF
- 🔴 Rouge = Corps de l'extincteur (toujours)
- ❌ Eau sur feu électrique (électrocution)
- ❌ Eau sur feu de graisses (explosion)
- ❌ CO₂ ou eau sur métaux (classe D)
- ❌ Tenir le cornet du CO₂ (−78°C)
- ❌ Éteindre un gaz sans couper la fuite
- ❌ Dos au feu ou voie dégagée bloquée
- 📅 Vérification annuelle obligatoire
- 🔧 Révision 10 ans (extincteur portatif)
- 📍 1 extincteur / 200 m² minimum (ERP)
- 📍 Signalisation et accessibilité obligatoires
- 📋 Registre de sécurité à jour
- ⚖️ Arrêté du 2 mai 1983 (extincteurs portatifs)
- 💧 Eau 6L : 20–30 secondes
- 🫧 Mousse 6L : 20–40 secondes
- 🌫️ CO₂ 2kg : 8–12 secondes
- 🌫️ CO₂ 5kg : 15–20 secondes
- 💥 Poudre 6kg : 10–20 secondes
- 💥 Poudre 12kg : 20–25 secondes
- 🚨 Feu non maîtrisé après 1 extincteur
- 🚨 Fumée épaisse / toxique
- 🚨 Voie de retraite menacée
- 🚨 Feu se propage rapidement
- 🚨 Malaise ou gêne respiratoire
- → Repli immédiat — fermer les portes
🎮 Simulation — Que faire face à un incendie ?
Parcourez les étapes d'une vraie situation d'incendie : de la découverte jusqu'au point de rassemblement. Chaque décision compte. Faites les bons choix — les erreurs sont expliquées.
Quiz de validation
31 questions couvrant tous les modules : guide-file, serre-file, responsable d'évacuation, point de rassemblement, IGH, ITGH, EPI, ESI et extincteurs. Sélectionnez une réponse par question puis cliquez sur Valider.
📜 Attestation de réussite
Votre attestation de formation à la sécurité incendie, conforme au Code du Travail (art. R4227-28 à R4227-40) et à la règle APSAD R6. Saisissez vos informations puis imprimez ou enregistrez en PDF.